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PERSONNAGE DEBOUT
CULTURE DU GUERRERO, STYLE OLMECOÏDE, MEXIQUE
PRÉCLASSIQUE RÉCENT, 400-100 AV. J.-C.
Serpentine
H. 22,2 cm

Guerrero olmecoid standing figure, serpentine, Mexico
H. 8 3/4 in

Provenance
Acquis par l'actuel propriétaire en 1989
Ancient Art of the New World, New York
John Lundsford, Dallas
Alfonse Jax, New York

LES CULTURES DU GUERRERO
L'importante présence olmèque dans le Guerrero de 1200 à 600 avant J.-C.
Cette région est entourée par les États de Michoacán, Mexico, Morelos, Puebla et Oaxaca. C'est une zone très montagneuse formée de plateaux et coupée de vallées profondes occupées par un dense réseau hydrographique. Le Rio Balsas qui coupe l'État d'est en ouest est la plus importante voie de pénétration naturelle. Le Guerrero est une région riche en matières premières comme les pierres dures qu'elle échangeait vers la vallée de Mexico (Tlatilco) et vers la côte Pacifique et la zone maya. À Teopantecuanitlán on a mis au jour une architecture urbaine et cérémonielle avec système de drainage ainsi qu'un art monumental qui attestent d'une présence d'artistes olmèques (1200-900 avant J.-C.). Datant d'une deuxième phase d'occupation (de 900 à 800 avant J.-C.) les archéologues ont découvert quatre monolithes représentant des jaguars anthropomorphes qui délimitent une enceinte, mais également un temazcal (bain de vapeur), un terrain de jeu de balle, une tête monumentale, un binôme autel-stèle et des tombes voûtées. Le site a été occupé jusque vers 600 avant J.-C.
Les peintures rupestres de la Sierra Madre del Sur au-delà de 900 avant J.-C.
Dans les grottes d'Oxtotitlán, de Juxtlahuaca et de Cacahuaziziqui, des peintures pariétales dont certaines polychromes nous montrent des personnages aux traits et à la gestuelle typiquement Olmèque. Il y a d'autres témoignages comme par exemple les gravures rupestres de Texayac, les stalagmites gravés de Cueva de Tepila localisés au sud-est de Chilpancingo, ou le masque en bois aux incrustations de jade du Cañon de la Mano conservé à l'American Museum of Natural History de New York.
La culture Xochipala (1200-600 avant J.-C.)
Le site archéologique de l'État du Guerrero, Xochipala, a donné son nom à une culture caractérisée par la réalisation de figurines modelées en céramique particulièrement élégantes. La grande variété de statuettes et de récipients provenant de ce site démontre que cette aire fut occupée par un même peuple durant de nombreux siècles. Elles représentent des femmes nues, des joueurs de balle, des couples ou des danseurs aux corps modelés d'une grande sensibilité et d'un grand réalisme. La présence de statues en céramique creuse y témoigne de l'influence olmèque. Xochipala est aussi réputé pour son remarquable travail de la pierre, on voit apparaître de grands récipients aux formes épurées, certains parfois gravés de motifs anthropomorphes ou zoomorphes. Les plus saisissants sont des coupes cylindriques reposant sur quatre jambes aux pieds incisés.
Les lapidaires du Guerrero
Dans l'État du Guerrero, proche du bassin du fleuve Balsas, on a localisé une zone de spécialisation lapidaire, où l'on fabriqua avec une grande maîtrise des objets tels que des masques, des figures humaines (penates), des temples en miniature, des ornements et des bijoux de formes variées. C'est Miguel Covarrubias, en 1948, qui donna le nom de Mezcala à un style qu'il fut le premier à définir et à classifier en cinq grands groupes. D'autres travaux ont été entrepris par l'historien de l'art Carlo Gay pour classer et dater ces objets (1967). Il distingue trois grands styles: le style Mezcala qu'il localise autour de Xochipala et de Mezcala, le style Chontal au nord de cette zone, style plus réaliste et selon lui plus récent et le style Sultepec au nord-ouest. Il y eut d'autres tentatives de classification du style Mezcala. À Teotihuacán et à Xochicalco on a découvert des objets Mezcala en contexte archéologique. C'est à l'époque aztèque que des sculptures Mezcala ont été déposées en grand nombre dans des offrandes rituelles du Grand Temple de Mexico-Tenochtitlán. Certaines de ces sculptures étaient stuquées et recouvertes de pigments. Les offrandes contenant des sculptures Mezcala y étaient dédiées à Tlaloc, la divinité de la pluie. La récente mise au jour de sculptures Mezcala en contexte dans des dépôts de fondations d'habitations qui comprenaient plusieurs pièces, sur le site d'Ahuináhuac de l'État du Guerrero, a permis à Louise Paradis de dater cette découverte entre 750 et 250 avant J.-C.
Les différents styles du Guerrero
Certaines sculptures provenant du Guerrero paraissent influencées par la sculpture olmèque et d'autres par celle de Teotihuacán.
• Le style olmèque: Comme nous l'avons vu, la présence olmèque est importante dans l'État du Guerrero. De petites sculptures en pierre dure de type olmèque y ont été découvertes depuis de longues années de San Jeronimo sur la côte Pacifique jusqu'à l'intérieur de l'État.
• Le style Teotihuacán: Il est intéressant de remarquer que de nombreux masques Teotihuacán ont été découverts dans le Guerrero. Les récentes fouilles de Tezahuapa, (1000 à 750 avant J.-C.) par l'archéologue Antonio Porcayo dans le Guerrero, montrent des édifices à taludtablero couvert de stuc, forme architecturale que l'on retrouve bien plus tard à Teotihuacán. Cette découverte nous pose de nouvelles questions.
• Le style Mezcala: Il est localisé dans le bassin Mezcala - Balsas. Ces sculptures réalisées dans des pierres dures sont sobres et schématiques, elles tendent vers l'abstraction et seuls sont indiqués les traits indispensables au moyen d'arêtes et de gravures profondes. Elles ont la forme de haches anthropomorphes et sont fortement stylisées. Elles sont asexuées la plupart du temps, on ne connaît que très peu de figures féminines. Il y a également des masques, des petites têtes, des temples en miniature, des personnages assis de forme compacte et des représentations d'animaux servant d'éléments de collier.
• Le style Chontal: La région Chontal située au nord de l'aire Mezcala est formée de vallées larges s'inclinant en pente douce vers le Rio Balsas et diffère totalement de la région
Mezcala beaucoup plus accidentée. Le style Chontal est plus réaliste, moins schématique, plus en courbes et en détails.
• Le style Sultepec: Le style Sultepec, du nom d'un village situé dans l'État de Mexico, est habituellement rattaché aux cultures du Guerrero. Il se situe au nord-ouest de la zone Mezcala. Il s'agit généralement de masques au contour circulaire montrant un grand nez crochu imitant le bec d'un oiseau.
Les lapidaires se sont servis pour leur sculpture d'une grande variété de pierres: la diorite, la métadiorite, l'andésite, le porphyre, la calcite, la serpentine, le técali ou albâtre, autant de pierres sculptées par eux selon des techniques spécifiques. L'industrie locale utilisait des méthodes d'usure par frottement et polissage. En effet les outils de fer n'existaient pas et les outils de pierre étaient rares, exceptés ceux fabriqués à partir ou tirés de certains cristaux qui s'écaillent en formant de gros éclats permettant de fabriquer des lames (en l'absence dans cette région de pierres dures comme le silex et l'obsidienne). Les têtes de haches étaient tout d'abord façonnées par ébrèchement et affûtement et ensuite, grâce à un travail considérable, usées et polies. À l'exception du sommet de la tête, toute la surface de la hache était usée sur une plaque de grès humide ou en utilisant du sable comme abrasif. Une fois la forme donnée, la surface était polie par frottement avec une peau et de la poudre polissante. Les rainures et les fentes étaient faites à l'aide de lames en granit ou d'outils en forme de coin qu'on utilisait avec de l'eau et des abrasifs. Des éclats de pierre naturelle telle que des cristaux de quartz pouvaient être utilisés pour sculpter des pierres assez tendres comme la serpentine. Une technique employant la ficelle était parfois utilisée pour les fentes ouvertes entre les bras et le corps des figurines et entre les colonnes des temples en miniature: on perçait des trous à l'aide de forets le long de la tige centrale de ladite coupure et l'ouverture était ensuite terminée en sciant la matière superflue avec une ficelle, de l'eau et un abrasif. Ces opérations étaient si longues que le vieux dicton "des gouttes d'eau qui tombent finissent par user la pierre" semble approprié pour résumer l'infinie patience des anciens lapidaires du Guerrero.
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