Couple d'antilopes tji wara Bamana, Mali…

Lot 13
80 000 - 120 000 €
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Couple d'antilopes tji wara Bamana, Mali…

Couple d'antilopes tji wara Bamana, Mali
Bois à patine brun foncé noir, métal, fils de coton rouge
H. 73 cm et 95 cm - L. 31 cm et 40 cm
Couple of two Bamana Tji Wara antelopes, Mali
H. 28.74 in and 37.40 in - W. 12.20 in and 15.75 in
Provenance:
- Ancienne collection Maurice Nicaud, Paris
- Collection privée française
Les bambaras sont un peuple mandingue principalement implanté au Mali. Six sociétés initiatiques régissaient leur vie sociale et religieuse et l'ensemble de la communauté masculine passait de l'une à l'autre suivant de complexes cérémonies de passage de grade accompagnées par des masques distincts, le plus souvent zoomorphes. La cinquième société était la société tji wara dont les danses exaltaient la fertilité de la terre et de l'ensemble de la communauté. Les cimiers étaient toujours portés par paire, l'entité masculine évoquant le soleil, la féminine la terre. Les mythes fondateurs bambaras nous enseignent par ailleurs qu'une antilope-cheval (Hippotragus equinus) mâle a offert à l'homme la première céréale et lui a enseigné l'agriculture.
La forme est souvent corollaire de la fonction, ainsi les pattes de nos antilopes sont schématisées à l'extrême. Reposant sur une petite base rectangulaire anciennement fixée au costume, elles n'étaient que peu visibles au cours des danses traditionnelles. Les corps prolongés par les queues sont strictement tubulaires. Puis les encolures sont magnifiquement élancées... Puissante pour le mâle à l'altière crinière, elle est déclinée en une succession de compartiments alternant le vide et la géométrie, elle porte au sommet une tête importante aux oreilles démesurées prolongée par de longues cornes verticales aux extrémités recourbées et dédoublées. Elégante, gracieuse et s'amincissant en son centre, l'encolure de la femelle supporte une tête plus petite, aux oreilles délicatement ornées de boucles. Les cornes sont strictement verticales, preuve de fécondité elle porte sur son dos son bébé.
Ces deux chefs-d'oeuvre de la sculpture bambara, dont très peu d'exemplaires comparables ont subsisté, sont également revêtus d'ornements identiques de métal et d'une superbe patine noire profonde allant parfois jusqu'à dissimuler les incisions géométriques ornant leurs corps et leurs «visages».
Ce couple qui compte parmi les trois ou quatre plus beaux que nous connaissions est proche de celui de la collection Neslon A. Rockfeller publié p. 220-221 du livre Chefs-d'oeuvre de l'Art Primitif, aux Editions Seuil, 1979. L'antilope féminine est à rapprocher de celle de l'ancienne collection Helena Rubinstein, puis Harry Franklin, collecté par Frederick H. Lem dans la région de Minianka: faon sculpté à l'identique de sa mère en lignes étirées et sobres, bagues cerclant les cornes notamment.
Bibliographie:
- Dominique Zahan, Antilopes du soleil - Arts et Rites Agraires d'Afrique Noire, Edition A. Schendl, Vienne, 1980, planche 13 et 14 pour des exemplaires apparentés.

Antelope couple tji wara
Masterpiece from the former Maurice Nicaud collection
H. 28.7 in and 37.4 in - L. 12.2 in and 15.7 in
Provenance:
-Former collection Maurice Nicaud, Paris
-French private collection
The Bambara are a Mandé ethnic group mainly native to Mali. Six initiation societies governed their social and religious life and the entire male community had to pass from one to the other following complex ceremonies, with distinct masks, often zoomorphic. The fifth society was the tji wara, of which the dances exalted the fertility of the land and of the whole community. The headdresses were always worn in pairs, with the masculine entity evoking the sun and the feminine one the earth. The founding myths of the Bambara teach us that a male roan antelope (Hippotragus equinus) offered man the first cereal and thus taught him to farm.
The form is often the consequence of practicality, so the paws of these antelopes are represented in an extremely schematised way. Resting on a small rectangular base that would have been attached to the costume, they were barely visible during the traditional dances. The bodies, extended with tails, are strictly tubular. The necks are wonderfully long and slender. The male neck conveys power with a mane and a succession of compartments alternating between empty spaces and geometrical shapes. On the top is a large head with oversized ears and long vertical horns which are curved and split at the ends. The female neck - elegant, gracious and becoming thinner in the centre - supports a smaller head, with ears delicately decorated with rings. The horns are strictly vertical and, to demonstrate fertility, she carries a child on her back.
These two masterpieces of Bambara sculpture, of which very few comparable examples have survived, are also covered in metal ornaments and a superb deep black patina, which sometimes hides the geometric incisions decorating the bodies and “faces”.
This couple, which is among the three or four loveliest examples we are aware of, is similar to that of the Neslon A. Rockfeller collection, published on pages 220-221 of the book Chefs d'œuvres de l'Art Primitif, Editions Seuil, 1979. The female antelope is similar to that in the former Helena Rubinstein and then Harry Franklin collection, collected by Frederick H. Lem in the Minianka region: fawn sculpted identically to its mother in stretched and sober lines, with rings around the horns in particular.
Bibliography:
-Dominique Zahan, Antilopes du soleil - Arts et Rites Agraires d'Afrique Noire, Edition A. Schendl, Vienne, 1980, plate 13 et 14 for similar model
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