Lot 41
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BAUDELAIRE (Charles).

Lettre autographe signée à Louis Marcelin, [Bruxelles], datée 9 oct[obre] 1864, signée Ch. Baudelaire, 2 pages in-8 (212 x 139 mm), sur un bifeuillet, sous chemise demi-maroquin noir moderne.
Au directeur de La Vie parisienne, au sujet d'un poème qui y a été publié et de ses traductions de Poe.
Baudelaire avait proposé à Louis Marcelin (1825-1887) de publier dans La Vie parisienne des traductions d'Edgar Poe qui allaient paraître chez Michel Lévy dans les Histoire grotesques et sérieuses. Dans cette lettre, il évoque les épreuves des Habitations imaginaires, que Lévy doit lui transmettre. L'auteur suggère des coupures si le texte semble trop long, dont il le laisse juge: La partie pittoresque étant appuyée sur les considérations morales, il me paraît bon de supprimer le moins possible de ces dernières. Mais c'est là, direz-vous, une opinion d'auteur. Il ajoute ironiquement: Je vous assure que tous les directeurs [...] ont une malheureuse propension à supposer le public plus obtus qu'il n'est. Il lui recommande de bien lire ses traductions de Poe: Peut-être..., saisissant plus facilement tout ce qu'il y a d'ingénieux dans la théorie, diminuerez-vous l'étendue des coupures. Qu'il mette alors des lignes de points, et une petite note explicative. Marcelin jugera finalement les textes trop longs pour être insérés dans la revue.
Baudelaire est très intrigué aussi par un sonnet de lui que vient de publier La Vie parisienne, sans son accord. Très surpris de cette parution, il affirme: Je ne peux pas comprendre l'affaire du Sonnet; je ne vous ai jamais envoyé de vers. J'ignorais que des vers pussent vous faire plaisir... Plus loin, il décrit ainsi ce sonnet: J'ai fait un mauvais sonnet (que j'ai détruit), à propos de la Boschetti - et que je n'ai montré qu'à deux personnes. Peut-être en aura-t-on pris copie ou gardé mémoire...? Je n'y comprends rien. Il s'agissait du sonnet Sur les débuts d'Amina Boschetti (qui sera recueilli dans Les épaves en 1866), à propos d'une danseuse que Baudelaire avait admirée à Bruxelles. Ce poème assez “bouffon” venait en effet de paraître, sans nom d'auteur, dans une chronique de Jules Claretie publiée dans La Vie parisienne du 1er octobre.
Baudelaire fait preuve dans cette lettre d'une curieuse duplicité, car nous savons à présent que c'est lui-même qui en avait confié le texte à Claretie, en demandant que son nom ne fût pas cité.
Correspondance, éd. Cl. Pichois, Pléiade, 1973, t. II, p. 406-407.
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