LIVRE DE LA JUNGLE KIPLING (Rudyard) Le Livre…

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LIVRE DE LA JUNGLE KIPLING (Rudyard) Le Livre…

LIVRE DE LA JUNGLE KIPLING (Rudyard)
Le Livre de la jungle, traduit de l'anglais par Louis Fabulet et Robert d'Humières. Paris, Société du livre contemporain, 1919. In-4, maroquin vert foncé, janséniste, orné sur chaque plat d'une plaque en dinanderie de cuivre encadrée d'un jeu de filets à froid, encadrement intérieur d'un double jeu de filets dorés, doublure et gardes de moire verte, triple filet doré sur les coupes, couverture et dos, étui (Marius Magnin).
Première édition collective réunissant le premier et le second livre. Éditée par le Livre contemporain, son exécution, commencée sous la direction de Pierre Dauze et Olivier Sainsère, fut terminée sous celle de H. Michel-Dansac.
Son illustration comprend 130 compositions en couleurs de Paul Jouve, dont un frontispice et 16 hors-texte, gravées sur bois par François-Louis Schmied et tirées sur ses presses à bras par Pierre Bouchet, pressier.
Conçu dès 1905, Le Livre de la jungle ne fut édité que 14 ans plus tard, après la Première Guerre mondiale, et la gravure des bois initialement prévue pour être réalisée par Jouve lui-même confiée en 1910 à F.-L. Schmied.
Achevé d'imprimer le 11 novembre 1918, il a été tiré à 125 exemplaires, celui-ci n° 99 imprimé pour le docteur M. Lannois.
Exceptionnelle reliure ornée de deux plaques en dinanderie à patine noire et rouge de Claudius Linossier, le grand dinandier de Lyon: sur le premier plat, Mowgli suivi par Bagheera (155x210 mm) et sur le second un paysage (108x145 mm), toutes deux signées Cl. Linossier et la première datée 1921.
On ne connaît apparemment de lui que deux autres créations pour des reliures, toutes deux recouvrant l'édition qu'il illustra et publia en 1929, du Centaure et la bacchante de Maurice de Guérin.
C'est la seule reliure connue décorée d'une dinanderie recouvrant Le Livre de la jungle illustré par Jouve, livre dont la destinée bibliophilique est si riche que Crauzat, dans son livre La Reliure française de 1900 à 1925, consacre un chapitre entier aux reliures exécutées pour cette édition. Il y fait la part belle aux diverses techniques de décoration employées spécialement: bas-reliefs animaliers de bronze, d'argent ou d'or gravés par Jouve ou Barye, blocs de bois originaux de Schmied, laques de Dunand, ou reliures à grands décors de René Kieffer, Canape, Canape et Corriez, Lanoë, etc., mais ne cite aucun exemple d'un décor en dinanderie.
Il est vrai que, contrairement au laque, la dinanderie reste l'exception dans la décoration de la reliure Art déco, et il semble bien que le docteur Baumgartner (amateur et mécène du groupe Dunand-Goulden-Jouve-Schmied) fut le seul à l'avoir utilisée (par exemple pour son exemplaire du Centaure et la bacchante de Maurice de Guérin, édition de 1931: les deux doublures en dinanderie de Jean Dunand d'une reliure de Cretté (Bibliothèque Félix Marcilhac, 2012, n° 29).
Ex-libris du docteur Jean Gaillard, petit-fils du docteur Maurice Lannois (1856-1942), destinataire de notre volume. Médecin orl des hôpitaux de Lyon, professeur agrégé de la Faculté de médecine de Lyon, Maurice Lannois fut également président de l'Académie des sciences, des belles-lettres et des arts de Lyon (1938-1942) et membre de l'Académie de médecine. Avec son confrère Jean Garel, il est considéré comme le fondateur de la laryngologie et de l'otologie des hôpitaux de Lyon.
Jean Gaillard est l'auteur d'une monographie consacrée à Linossier. Jacques Allix, dans la préface, rapporte: Dès 1920...le professeur Lannois, éminent président du Cercle lyonnais du Livre, ébloui par le génie artistique du très jeune et débutant Claudius, lui avait passé sa toute première commande. «Lino», des décennies plus tard, en parlait encore avec reconnaissance attendrie. Il semble probable que nous soyons ici en présence de cette toute première commande.
Quelques très rares rousseurs et petites décharges habituelles de quelques gravures. Très petit manque au centre de la plaque du second plat.
Claudius Linossier (1893-1953)
Dans sa période d'apprentissage, Claudius Linossier s'initia aux techniques fines du métal: modelage, repoussage, ciselure, gravure, incrustation au filet, brasure, émaillage, métaux coulés. Il s'initia également à la sculpture et au dessin, disciplines qui lui permettront plus tard d'ajouter à son activité de dinandier celle de médailleur.
Après les années de guerre, fin 1919, il arrive à Paris et travaille chez Cardeilhac, maison de coutellerie et d'orfèvrerie, puis quelques semaines dans l'atelier de Jean Dunand, illustre laqueur et célèbre dans les traitements du métal.
De retour à Lyon, Claudius Linossier installe son atelier à la Croix-Rousse de 1920 à 1950.
Il expose ses œuvres dès 1920, en 1921 au Salon des artistes décorateurs, puis dans les galeries Devambez, Hébrard, Ruhlmann, et Georges Rouard qui sera son marchand exclusif à Paris durant toute sa carrière, au Salon de l'Automne en 1923 et 1924. Il est présent dans quatre stands à l'exposition internationale de 1925, dont l'Hôtel d'un riche collectionneur, le célèbre pavillon Ruhlmann, et dans celle de 1937.
L'originalité de ses créations et sa parfaite maîtrise des glacis lui vaudront une réputation internationale. Ses dinanderies enrichiront les principales collections et musées du monde entier.
En 1930, Paul Valéry compose, en grande partie pour lui, son très beau texte intitulé De l'éminente dignité des arts du feu.
À sa mort, il lègue une partie de ses œuvres au Musée des beaux-arts de Lyon et institue au nom de sa femme les Bourses Hélène Linossier, encore attribuées chaque année à trois étudiants.
En 1979, le musée consacre à Linossier une exposition pour le 25e anniversaire de sa mort. Depuis 1992, ses œuvres y sont exposées dans la collection permanente consacrée à l'Art déco. Une rue de Lyon porte son nom.
Son œuvre de dinanderie compte 3600 créations, qui utilisent le cuivre, le laiton, le maillechort, l'argent et sa science unique de l'oxydation des métaux par le feu.
Grand admirateur des œuvres de Douris, peintre grec, (actif de 500 à 460 av. J.-C.), il disait que sa poterie me semblait du métal, c'est pourquoi je tente de faire de mes métaux une poterie qui ressemble à la sienne. Oui, je dois mon âme à Douris et je veux la faire vibrer dans la coulée de métal. De là ses décors géométriques inspirés de l'art grec, Thyrinthe, Mycènes, voilà les sources du beau, écrit-il.
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