[BLÉGNY (Nicolas de)]

Lot 18
2 000 - 3 000 €
Résultats avec frais
Résultat: 2 256 €

[BLÉGNY (Nicolas de)]

Le Livre commode Contenant les adresses de la ville de Paris, et le Tresor des almanachs Pour l'Année Bissextile 1692. Avec les séances et les vacations des Tribunaux, l'ordre & la discipline des exercices publics, le prix des Matereaux [sic] & des Ouvrages d'Architecture, le Tarif des nouvelles Monnoyes, le Depart des Couriers & des Voitures de Routes, & généralement toutes les Commoditez sujettes aux mutations. Paris, Veuve Denis Nion [sic], 1692. In-8, maroquin citron, janséniste, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure (Trautz-Bauzonnet).
Goldsmith, n°2923.1. - Grand-Carteret, n°86-87.
Troisième et dernière année de cet almanach éphémère composé par Nicolas de Blégny médecin-botaniste, publié sous le pseudonyme d'Abraham du Pradel, philosophe et mathématicien. Nicolas de Blégny reçut la charge en 1685 de médecin ordinaire du duc d'Orléans, obtint encore un privilège d'apothicaire-épicier suivant la Cour et en 1687 celui de médecin ordinaire du roi. Il semble que sa médecine essentiellement empirique lui ait valut révocation et même huit années de détention à Angers. Élargi, il voyagea en Italie et revint exercer la médecine à Avignon où il mourut en 1722. Il reste le fondateur, en 1679, du premier périodique médical français: Les Nouvelles Découvertes sur toutes les parties de la médecine.
Le «Livre commode, par son esprit commercial, est bien réellement le premier Bottin» (Grand-Carteret).
L'ouvrage parut une première fois à Troyes en 1690 sous le titre Le Thresor des almanachs pour servir à Paris pendant l'année 1690 à toutes espèces de négociations utiles et ne contenait que des renseignements généraux (nous n'en avons répertorié qu'un seul exemplaire dans les fonds publics, localisé à Hanovre). L'année suivante, une seconde année - on peut aussi parler d'édition - vit le jour sous le titre Les Adresses de la ville de Paris, avec le trésor des almanachs (cf. Grand-Carteret, n°84). Divisée en deux parties, celle-ci ne proposait encore qu'une simple liste d'adresses marchandes et industrielles, ainsi que des réclames personnelles de l'auteur qui profitait de son ouvrage pour se faire une ample publicité et vendre ses remèdes d'apothicaire.
La présente édition, considérablement augmentée et abondante en détails curieux, s'avère la plus complète des trois. Elle se divise également en deux parties, en pagination continue.
Dans la première, Blégny dévoile le nom et l'adresse de nombreuses personnes, qu'elles soient ecclésiastiques, magistrats, membres des administrations publiques, ou exerçant des métiers tels banquiers, médecins, musiciens, marchands de beurre, bouchers, épiciers, marchands de vin, aubergistes, parfumeurs, gantiers, drapiers, tailleurs, cordonniers, nourrices, laquais, coches, menuisiers, architectes, couvreurs, plombiers, etc.
Parmi cette longue liste, figurent aussi les noms et adresses de près de 150 collectionneurs d'objets rares et précieux, désignés par l'auteur comme fameux curieux des Ouvrages magnifiques et dames curieuses. On y retrouve le duc d'Aumont, le duc de Richelieu, le duc de Saint-Simon, le président Lambert avec sa collection magnifique de tableaux et de mobilier, Le Fèvre de Caumartin, Everhard Jabach avec son riche cabinet, François-Roger de Gaignières, l'un des curieux les plus distingués de son temps, etc. Dans le chapitre des dames curieuses, le nom de la duchesse de Lude y côtoie ceux de la duchesse de Bouillon, nièce de Mazarin et protectrice de La Fontaine, de Catherine-Charlotte de Grammont, maréchale de Boufflers, ou encore de la marquise de Polignac.
La seconde partie du livre possède une page de titre particulière intitulée le Tresor des almanachs. Elle contient une exacte description de l'économie universelle & des parties principales du monde, donne un calendrier pour l'année 1692, informe le lecteur du tarif des monnaies, et dresse une liste alphabétique des postes et courriers, des fêtes et des foires les plus considérables du royaume.
Cette édition de 1692 est très rare. La plupart des personnes citées par Blégny reprochèrent en effet au Livre commode son indiscrétion. Le 29 février 1692, 2500 exemplaires invendus furent donc saisis chez la veuve Nyon et détruits, de même, le privilège lui fut retiré (cf. Anne Sauvy, Livres saisis à Paris entre 1678 et 1701, n°387). En 1878, elle a fait l'objet d'une réédition très documentée par les soins d'Édouard Fournier, en deux volumes, accompagnée d'une introduction et de nombreuses notes.
Exemplaire de Jean-Jacques Debure, portant sa note autographe habituelle: collationné complet le 22 Mars 1834. j.j. de Bure l'ainé. Il figure dans le catalogue de vente de 1853 sous le n°1514, et était encore à l'époque en cartonnage.
Très agréable exemplaire en maroquin citron de Trautz-Bauzonnet, cité par Brunet (t. II, col. 899). Il est bien complet des deux parties qui se vendaient séparément selon Grand-Carteret.
Rousseurs claires. Frottements aux charnières.
Mes ordres d'achat
Informations sur la vente
Conditions de ventes
Retourner au catalogue